Démarche RSE : Quels indicateurs pour progresser ?Démarche RSE : Quels indicateurs pour progresser ?

Démarche RSE : Quels indicateurs pour progresser ?

Préambule

Alors qu’elle n’était qu’une préoccupation de second, voire troisième plan pour les dirigeants d’entreprises il y a quelques années, la RSE est de plus en plus prise au sérieux.

Il faut dire que face à l’urgence climatique, l’opinion publique et le comportement des consommateurs, ces derniers n’ont plus le choix de s’adapter 🙄

Ils ont des responsabilités qu’ils doivent assumer.

Et ce n’est pas la crise de la Covid-19 qui ira contre ce sens. (oui, je dis la Covid. N’y voyez aucun sexisme 😅)


Mais, malgré une prise de conscience de plus en plus importante des dirigeants d’entreprises, comment peut-on mesurer les progrès effectués ?

La RSE est un sujet tellement vague qu’il est difficile de s’y retrouver et de différencier le vrai du faux, le concret de l’abstrait.

Sur quels facteurs devons-nous nous baser ? Comment peut-on comparer équitablement l’impact de chaque entreprise ?


Chez Permis de Bouger, c’est un sujet qui nous tenait à cœur d’aborder avec vous. Alors c’est parti ! 👇

Qu’est-ce que la RSE ?

Pour ceux qui nous rejoignent, qui n’auraient jamais entendu parler de ce concept ou simplement pour rafraîchir la mémoire des plus étourdies, rappelons d’abord ce qu’est la RSE 😊 (C’est cadeau 🎁 et ça nous fait plaisir)


Il s’agit en fait de la Responsabilité Sociétale des Entreprises.

Comme l’explique si bien Arnaud Bergero dans une interview pour Le Monde du Chiffre de la chaîne DécideursTV, les entreprises doivent avoir une triple empreinte sur l’écosystème dans lequel elles évoluent :


🐾 Une empreinte économique

🐾 Une empreinte sociale

🐾 Une empreinte environnementale


Le problème ? 


Jusqu’il y a peu, l’économie prenait le dessus sur les deux autres.

Bon, on ne va pas se mentir, c’est encore le cas aujourd’hui… 😔

Mais heureusement, le concept de RSE fut mis en place pour compenser cette inégalité. L’idée est d’équilibrer ces trois secteurs et de les considérer comme des capitaux.

Si des actions se mettent en place, le problème reste de mesurer leur impact sur les capitaux environnementaux ou sociaux.


Eh oui, compter des chiffres, ça on sait faire (surtout lorsqu’il s’agit d’argent 🤑). Mais lorsqu’il s’agit d'évaluer les actions des entreprises sur des domaines extra-financier, il n’y a plus personne. Enfin, presque plus personne… 😏

RSE : trois capitaux si proches et si différents à la fois

Ce qu’il faut comprendre c’est que la RSE établit un lien entre trois capitaux qui n’utilisent pas la même unité de mesure.


Alors que les dollars, les euros et toute autres devises permettent de comptabiliser le capital économique, ils sont peu pertinents lorsqu’il s’agit d’effectuer un bilan environnemental et social. 

Il est donc difficile de comparer des valeurs qui n’affichent pas la même unité de mesure 🤯

C’est à ce moment que vos souvenirs de mathématiques et notamment les conversions de mesures vont vous servir 🧐 

Bon, c’est bien plus complexe que ce que nous avons pu apprendre sur les bancs de l’école, mais le principe est le même.


Dans une interview pour le groupe APF, le président fondateur du groupe PHGD John Crowley nous explique comment donner de la valeur à quelque chose “d’invisible” 👀

Mesurer le capital humain pour mieux le considérer

Comme l’explique notre expert, le capital humain désigne l’idée selon laquelle les êtres humains, par leurs actions, ne sont que des flux instantanés. C’est-à-dire que leur valeur évolue au cours du temps 📈

Cela pose un problème, car lorsque quelqu’un travaille, son action ne se décompose pas comme un matériau tel que le métal ou le lait dont on connaît déjà la quantité de produit fini qu’il pourra nous fournir. 

On ne connaît jamais la réelle valeur apportée par le travail d’un être humain. 🙄 Cela explique sans doute pourquoi le travail est un capital dont on ne retrouve aucune trace dans le bilan de l’actif d’une entreprise.


Outre ces facteurs, il y a sans doute une raison éthique là-dedans. Mesurer le capital humain peut être choquant, car il y a une idée anti-humaniste à travers laquelle l’humain n’est qu’un outil, un numéro... Pourtant, ce serait le moyen de valoriser le travail qui ne l’est pas encore.

Ah bon ? Et comment l’expliquer ? me direz-vous.

Parce que nous négligeons tout ce que nous ne mesurons pas 👎


Pour ces raisons, mesurer le capital humain et donc la valeur du travail permettrait de responsabiliser les bons acteurs (les entreprises) quant à son entretien. 

La mesure du capital naturel


C’est le grand manquement des entreprises ces dernières années. Le capital naturel n’a jamais été pris en considération dans la comptabilité des entreprises. Pourtant, nous savons que notre système économique repose sur l’exploitation, voire la dégradation de ce capital 😢

Avec notre système actuel, nous ne créons de la valeur marchande que lorsque nous puisons dans le capital naturel. Or, cette ressource n’est pas inépuisable 🔋

Nous sommes conscients du problème, mais il est difficile d'établir des chiffres pour mesurer son impact. Par conséquent, il est difficile de mettre en place des actions pour y remédier. 

Heureusement, la conversion d’unité va encore nous sauver la vie 🦸

Prenons l’exemple des abeilles 🐝

Nous savons tous que celles-ci jouent un rôle essentiel dans le processus de pollinisation. À tel point qu’Albert Einstein avait déclaré que si elles venaient à disparaître, l’Homme suivrait la même trajectoire avec quatre ans d’intervalle.

Aujourd’hui, avec tous les moyens technologiques et techniques dont nous disposons, nous pourrions pallier cette problématique. Mais à quel prix ? 🤔

Nous tirons un avantage économique du travail des abeilles, mais si elles disparaissaient, il faudrait donc mettre en place un système de pollinisation manuel ou robotisé. Tout cela a un prix que l’on sait déjà estimer.

Nous ne voulons pas vous faire peur, mais pour votre gouverne, si cela venait à se passer, la pollinisation artificielle représenterait un coût de plusieurs dizaines de milliards de dollars chaque année 😱


Bien qu’il soit dangereux de résumer l’importance des abeilles ou de n’importe quelle entité naturelle uniquement à une valeur financière, c’est un bon moyen d’évaluer l’ampleur du problème.

Ainsi, des stratégies peuvent se mettre en place et les responsabilités peuvent être ré-attribuées à chacun pour l’entretien et la protection de ces capitaux si précieux 💎

Comment mesurer la RSE concrètement ?

Elles sont bien belles nos démonstrations sur le capital et compagnie. Mais, jusqu’ici, elles ne vous disent pas comment on mesure réellement chacun des pôles qui constituent la RSE.

Nous allons justement y venir 😁


Reprenons le concept de la triple empreinte. 🐾 Celui-ci permet de regarder en trois dimensions et de manière directe et indirecte l’impact des entreprises.

Toutefois, pour obtenir des résultats fiables, nous devons nous baser sur des indicateurs de performance clés : les KPI (Key Performance Indicator). Ces derniers varient d’un pôle à l’autre.

Comment mesurer l’empreinte économique d’une entreprise ?

C’est la partie la plus simple. Celle que nous maîtrisons le plus et malheureusement celle qui reste encore l’unique indicateur de pérennité d’une entreprise dans notre société actuelle 🥺️

Pour la mesurer, on se réfère à la valeur ajoutée des entreprises. C’est-à-dire qu’on se penche sur leur contribution directe et indirecte au PIB. En effet, la valeur ajoutée comprend également la chaîne de fournisseurs nécessaires au fonctionnement de l’entreprise.

La valeur ajoutée générée par les salaires, les impôts et les taxes versées est aussi prise en compte. Pour ce faire, les experts en la matière utilisent principalement des méthodologies basées sur les bases de données de l’INSEE.

Comment mesurer l’empreinte environnementale d’une entreprise ?

Ce sont des procédés déjà plus compliqués que ceux utilisés pour mesurer l’empreinte économique.

Il faut garder à l’esprit que ces mesures ont pour but de répondre à la question “quels sont les impacts environnementaux directs et indirects de l’entreprise ?” 🔎

Pour cela, il est essentiel de mesurer des facteurs comme :


💨 L’empreinte carbone

💦 La consommation d’eau

🗑 La production de déchets


Une fois ces mesures effectuées, l’objectif est de comparer les bilans périodiques effectués pour faire ressortir des points de progression et des points d’amélioration.

C’est à ce moment que les KPI tels que le nombre de voyages engendrés par l’activité de l’entreprise ou encore la consommation d’eau au sein de l’entreprise jouent un rôle essentiel. Ils permettent d’établir des relations de cause à effet et de mettre en place de nouvelles stratégies. 🔗

Comment mesurer l’empreinte sociale d’une entreprise ?

Sur le plan social, l’Humain est au cœur des préoccupations 👤

En effet, les taux d’absentéisme, le turn-over d’une entreprise, le nombre d’accidents du travail ou la parité homme-femme sont autant d’indicateurs qui permettent d’évaluer l’empreinte sociale d’une entreprise.

Aussi, les burn-out ou les brown-out (sur lesquels nous avons publié un article il y a quelque temps) sont signe d’une mauvaise ambiance de travail au sein de l’entreprise. Mais, ils sont également un coût social et financier pour la collectivité.

D’autres KPI permettent de mesurer l’impact social d’une entreprise :


👨‍🦼 Le nombre de salariés handicapés au sein de l’entreprise

👨‍🦳️ Le pourcentage de travailleurs seniors (+ de 50 ans) 

🎓 Le nombre de stagiaires, d’alternants, d’apprentis ou de jeunes travailleurs au sein de l’entreprise.

Quels sont les enjeux de la triple empreinte pour la RSE ?

Il s’agit là de la finalité de toutes ces mesures 🏁

Depuis le début de l’article, vous vous demandez sûrement quel est l’intérêt de tout mesurer ainsi ? 🧐

C’est bien légitime. En fait, il y a deux raisons à cela 👇


→ La première, c'est que lorsqu’une entreprise connaît son empreinte, elle peut prendre des décisions et mettre en place de nouvelles actions pour faire évoluer son modèle économique. L’idée est d’aller vers un modèle durable et global. Pour cela, un équilibre des trois pôles est essentiel.

→ La seconde, c’est que ces mesures obligent les entreprises à rendre des comptes et à se responsabiliser. Celles-ci ne peuvent plus se cacher derrière la communication pour se dé-responsabiliser. Les mesures sont là et elles imposent aux entreprises de mettre en place des actions concrètes 🙌


Finalement, comme l’explique si bien Arnaud Bergero, “nous passons progressivement d’une RSE où l’on raconte à une RSE où l’on compte.”

C'est-à-dire que depuis ces dernières années, nous allons de la prise de conscience et la communication parfois hypnotique vers la mesure et la mise en place d’actions concrètes pour une société juste et durable ⚖️

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